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Un maire sur trois refuse d’unir les homosexuels

  Mercredi, 30 Janvier 2013 11:39
Revue de presse / Parti Radical de Gauche

parisienNotre sondage, réalisé au près des 262 maires des Yvelines, révèle que près de 33% des édiles refuseraient d'officier lors d'un mariage gay. Beaucoup d'entre eux confieront cette mission à leurs adjoints.

Demain, le débat sur le projet de loi sur le mariage pour tous s'ouvre à l'Assemblée nationale. Nous avons voulu savoir ce qu'en pensaient les maires du département en leur posant la question suivante : « Si la loi est votée, comptez-vous célébrer vous-même les mariages entre deux personnes du même sexe? » Les réponses sont partagées : 47,54% répondent favorablement, contre 32,78% qui s'y opposent et 19,67% qui ne se prononcent pas.

OUI

Pour eux, il n'y a pas de question à se poser. Ils célébreront le mariage. Mais derrière ce oui, se cachent parfois des motivations très différentes. Il a ceux qui le feront par conviction, comme le maire (PRG) de Carrières-sous-Poissy, Eddie Aït, par ailleurs animateur de l'appel des maires pour le droit au mariage pour tous, qui évoque « l'égalité des droits ».

Même argument pour le maire (PS) de Magny-les-Hameaux, Bertrand Houillon, qui défilait hier dans les rues de Paris pour le mariage des homosexuels. Pour lui, il s'agit « d'une avancée dans l'égalité des droits, normale dans un pays laïc ».

D'autres le feront pour respecter la loi. « C'est le rôle du maire d'être au service des habitants de sa commune. De tous les habitants, explique Jean-Luc Gris, maire (SE) de Gaillon-sur-Montcient. Appliquer la loi, c'est aussi la moindre des choses pour un élu de la République. » Même argument pour Jean Myotte, maire (SE) de Prunay-le-Temple : « Un maire est là pour appliquer la loi, ce que je ferai. Si on n'accepte pas sa mission, on peut démissionner. » Jean-François Bel, maire (UMP) de Montesson, estime qu'il n'a pas à se dédouaner sur ses adjoints. « Imposer à mes adjoints de faire quelque chose à ma place parce que je n'en ai pas envie, ce serait avoir une attitude faux-cul! Je célébrerai des mariages même si je suis contre ce projet. » Alexis Biette, maire (UMP) de Voisins-le-Bretonneux entend adopter également cette attitude, malgré son opposition farouche au projet. Les maires « ont le devoir de veiller à l'application de la loi, explique-t-il. Quel exemple représenterais-je, si, en tant que maire, je choisissais de m'affranchir de la loi, ou pire, de déléguer à d'autres la charge de l'appliquer? » Jean-Marie Tétart, député-maire (UMP) de Houdan partage cet avis : « Je suis contre le mariage pour tous, mais j'appliquerai la loi. J'espère cependant qu'elle ne passera pas. » Dominique Conort, maire (SE) de Fontenay-le-Fleury croit « trop à nos institutions et à nos valeurs républicaines pour avoir des états d'âme. » Il appliquera la loi, même s'il est contre le projet de loi et a signé la pétition des maires pour l'enfance.

Jean-Michel Fourgous, maire (UMP) d'Elancourt célébrera ces unions : « Je ne pense pas que ce soit le moment de toucher à la famille. Néanmoins, si des adjoints refusent de procéder à ces mariages, je le ferai. J'ai vu des élus socialistes refuser d'appliquer des lois d'un gouvernement de droite et cela m'a choqué. Je ne ferai pas la même chose. »

Opposé à ce projet en tant que citoyen, Joël Loison, maire (UMP) de Vélizy-Villacoublay, s'y pliera aussi en tant qu'élu de la République et célébrera des mariages entre personnes de même sexe « si le cas se présente ».

NON

D'autres, au contraire, entendent faire jouer leur liberté de conscience comme le maire (SE) de Mittainville, René Sérinet. « Je ne célébrerai pas, je suis contre. Le mariage, c'est l'union d'un homme et d'une femme pour avoir des enfants. Je ne suis pas opposé aux unions entre gens du même sexe, mais la langue française est assez riche pour trouver un autre mot que celui de mariage! Si un couple du même sexe voulait se marier dans ma commune, je leur dirai d'aller le faire ailleurs. » Pour le maire (NC) de Louveciennes, André Vanhollebecke, pas question non plus d'unir des couples gays : « Le mariage est un événement festif et l'officier d'état civil doit adhérer à l'union qu'il consacre. Comme je suis contre le mariage pour tous, je risque d'être gêné et de fait, je préfère ne pas en accomplir ».

Daniel Level, maire (UMP) de Fourqueux lui aussi en fait une question de principe. « En tant que président du conseil de famille qui traite les dossiers d'adoption, j'estime qu'il faut penser à l'évolution de l'enfant. La vie naît d'un homme et d'une femme. » Josette Jean, maire (SE) de Condé-sur-Vesgre, préférerait, elle, quitter son fauteuil de premier magistrat plutôt que de devoir officier. « Je refuserai de célébrer ces cérémonies. Je proposerai aux autres élus de mon conseil municipal de le faire. Si personne ne le souhaite, alors je démissionnerai. »


NON, MA I S . . .

D'autres, opposés, ont trouvé une parade. Ils délégueront un de leurs adjoints. C'est le cas à Jouy-en-Josas ou encore à Versailles, où le député-maire (DVD) François de Mazières, « contre ce projet de loi », est « certain de trouver un élu pour le faire ». Même cas de figure à Sartrouville. Le maire (UMP) Pierre Fond, pour une « question de conviction personnelle », ne célébrera pas ces noces. « Je ne forcerai pas non plus mes adjoints, certains se sont déjà positionnés et ne souhaitent pas le faire. Mais d'autres se sont en revanche dits prêts à en célébrer. »
NE SE PRONONCENT PAS

Enfin, il y a ceux qui attendent de savoir si ce projet de loi sera adopté avant de se prononcer. C'est le casmaire (UMP) du Vésinet, Philippe Bastard de Crisnay : « Ce projet de loi pouvant évoluer, je pourrai répondre à cette question quand le texte sera voté. » Ghislain Fournier, maire (UMP) de Chatou est partagé : « Ma position n'est pas arrêtée. Je suis contre ce texte en raison de la question de l'adoption, mais je suis aussi un agent de l'Etat qui se doit de faire appliquer les lois de la République. Il y a donc dans la balance mes convictions personnelles et ma conscience d'élu républicain. » Reste le cas particulier du bouillonnant maire (UMP) de Maisons-Laffitte, Jacques Myard. Parmi les plus farouches opposants, il refuse de se prononcer pour une simple raison. Pour lui, il est inconcevable que ce projet devienne réalité. « Pour moi, c'est une imposture intellectuelle. Je vais d'ailleurs lancer une pétition pour un référendum sur la question. »

Source : Le Parisien - Edition Yvelines - 28 janvier 2013


 
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