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Yvelines - Twitter s'invite dans la campagne

  Samedi, 01 Mars 2014 11:41
Revue de presse / Carrières-sous-Poissy

parisienLes candidats s'en servent pour être constamment en contact avec les électeurs. Pour le meilleur et parfois pour le pire.

Twitter*, nouvelle arme de campagne électorale. Huit ans après son lancement, ce réseau social a changé la manière de communiquer des élus. Pour ces municipales, de nombreux candidats tissent leurs réseaux et tentent de parfaire leur image.

Ces twittos y livrent en 140 signes leurs opinions ou leurs coups de gueule sur l'actualité locale ou nationale. .. Et certains le font depuis longtemps. C'est le cas d'Aurore Bergé, prétendante (UMP) à Magny-les-Hameaux. Elle détient vraisemblablement le record de tweets parmi les politiques du département. « Je tweete le matin et le midi. Et je réponds le soir aux réactions. En cumulé, cela doit me prendre 30 à 40 minutes par jour, indique cette jeune femme de 27 ans. Il faut être en interactivité. » Elle parle notamment de ses réunions publiques, ce qu'elle y fait, qui elle y rencontre : « L'idée, c'est de faire vivre ma campagne de l'intérieur », explique celle qui, pour mesurer sa notoriété, se fie au nombre de retweets plutôt qu'à celui de ses followers.

RÈGLEMENTS DE COMPTES ET CANULARS

Attention, dérapage ! Les réseaux sociaux Facebook et Twitter, bien qu'ils soient pratiques, ont aussi leurs limites. Certains élus ou candidats l'ont appris à leurs dépens.

A Mantes-la-Ville, l'irruption de ces nouveaux moyens de communication a été particulièrement remarquée, donnant lieu à plusieurs épisodes tendus. La mairie (PS), a par exemple, été victime d'un piratage. Des petits malins redirigeaient ceux qui pensaient accéder à la page Facebook de la municipalité vers un autre candidat. La maire en personne Monique Brochot a été victime d'un compte baptisé « Monique B. journal intime » qui lui était très défavorable. Fabrice Andreella, candidat (SE) à Mantes-la-Ville, lui, a porté plainte, il y a quelques semaines contre les insinuations du « Concombre masqué » et de « Mouette rieuse ». « On s'attaque à ma vie privée. On dit que j'habite une maison qui ne m'appartient pas, que je suis interdit de casino. C'est du grand n'importe quoi ! J'ai demandé à mon avocat d'être vigilant. Il est facile de s'attaquer à quelqu'un sur Facebook : c'est gratuit, c'est ouvert à tous et c'est relativement anonyme. »

Eddie Aït, le maire (PRG) de Carrières-sous-Poissy a aussi vécu les limites de l'exercice récemment. Une de ses photos postées sur les réseaux sociaux a été utilisée et accompagnée de propos visant notamment ses orientations sexuelles. L'édile a déposé plainte pour diffamation. « Twitter reste un espace incontrôlable. Une fois que c'est ouvert, vous n'avez pas le contrôle sur qui voit ou pas », analyse-t-il.

Le maire sortant (DVD) de Versailles, François de Mazières a lui aussi subi durant quelques semaines un compte parodique baptisé François de misère (demazieres2060). Il mettait en scène le maire de « versouille » dialoguant avec des membres de son équipe. Son auteur a cessé de twitter le 18 février, invitant ses followers à venir le retrouver le 5 avril. Une de ses listes adverses, conduite par Fabien Bouglé (Versailles Famille Avenir) a connu le même sort avec... Fabien bouclé. Son auteur chahute le candidat « familles, familles, je vous haime » ou encore « mauvaise nouvelle : Christine Bottin ne me soutient pas, moi qui croyais avoir le monopole de la famille sur Versouille ! »

Un complément indispensable

Même écho auprès d'un autre accro de ces réseaux : Eddie Aït, maire (PRG) de Carrières-sous-Poissy qui brigue un deuxième mandat. « C'est une habitude, confie le conseiller régional de 38 ans. Un tweet est lu par 400 personnes en trois heures et 800 personnes en une journée. On peut rendre compte de son action sans en faire des tonnes. »

Pour Florian Bohême, candidat (PS) à la mairie de Houilles, ce nouvel outil de communication est « une manière de réintéresser tout un électorat qui ne se pencherait pas sur la campagne, qui ne lit même pas les tracts. » Autre intérêt, permettre l'échange et le débat : « Beaucoup de personnes m'interrogent sur la campagne et mes propositions. » Pour ce conseiller municipal d'opposition, « Twitter est un outil de vie quotidienne et pas un accessoire de campagne électorale. Je trouve un peu gonflé d'arriver sur Twitter trois semaines avant les élections. Le réseau est devenu le passage obligé, comme l'était le tract auparavant. »

De son côté, Sophie Primas, sénatrice (UMP) qui vise la mairie d'Aubergenville, y voit en plus d'un lien avec les électeurs, « un moyen d'insuffler une dynamique au sein de (son) équipe ».

Mais ces candidats, aussi accros aux nouvelles technologies soient-il, n'en oublient pas leurs classiques : « C'est juste un complément indispensable », assure Aurore Bergé. « Cela ne remplacera jamais un bulletin municipal, ou une lettre du maire », enchaîne Eddie Aït.

Des propos qui devraient ravir le député-maire (UMP) de Maisons-Laffitte, Jacques Myard, qui ne tweete pas et n'entend pas le faire : « Je préfère le contact direct et charnel plutôt que celui anonyme et haché et sous forme de slogans de Twitter. Le gazouillage lointain et réducteur ne me paraît pas une bonne chose pour la démocratie. »

* Lexique de Twitter. Twittos : inscrits sur le réseau. Tweet : message en 140 signes qui sera lu par les followers du compte. Followers : les abonnés qui suivent un compte et reçoivent tous les messages du twittos. Retweet : message d'un twittos qui est répercuté par un follower sur son propre compte.

COUPS DE COEUR ET COUP DE GEULE DES CANDIDATS

AURORE BERGÉ, candidate UMP à Magny-les-Hameaux @auroreberge 25 947 tweets 12 644 followers 1856 abonnements dont Léonard Trierweiler, Edwy Plenel, Salman Rushdie, Gérard Larcher, l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Elle dégaine ses tweets plus vite que son ombre. La jeune candidate UMP gazouille toute la journée. Elle peut avoir la dent dure vis-à-vis de ses adversaires locaux : « Phrase du soir de l'élu du développement durable : « On sait ce que l'on veut faire, mais on ne sait pas comment. » Elle s'attaque aussi à d'autres grandes villes : « Chère Anne Hidalgo, le problème n'est pas de rouler à 70 ou 80 km/h sur le périph, mais de réussir à aller à plus de 20 km/h ».

EDDIE AÏT, maire sortant PRG de Carrières-sous-Poissy @eddieait 3 674 tweets 1 321 followers 2 011 abonnements, dont Jean-Pierre Raffarin, les amis de Taubira, Laurent Delahousse, Michel Denisot, PSG, Franck Dubosc, Olympe de Gouges et Pour l'euthanasie.

Conseiller régional PRG, maire de Carrières-sous-Poissy depuis 2008, Eddie Aït est accro aux outils de communication. Le plus jeune maire des Yvelines est l'un des plus actifs sur les réseaux sociaux. Il livre trois à cinq tweets par jour. La plupart ont trait à la vie locale, à son agenda d'élu. De temps à autre, il livre quelques éléments de sa vie privée.

SOPHIE PRIMAS, sénatrice UMP à Aubergenville @sophieprimas 1 624 tweets 1 652 followers 166 abonnements, dont JO de Sotchi, Nicolas Sarkozy, Barack Obama, Johnny Halliday, Marine Le Pen.

La députée a trouvé son rythme de croisière sur Twitter. Elle diffuse des messages sur la politique nationale et d'autres ayant trait à sa campagne. « Nous serons chez vous bientôt. Prenons le temps de discuter » « Déjeuner passionnant avec Jean-Louis Beffa, grand capitaine d'industrie. Echanges de vue sur les recettes du redressement. »

JEAN-MARIE TÉTART, député-maire UMP de Houdan @JeanMarieTetart 382 tweets 563 followers 98 abonnements, dont Alain Juppé, NKM, Pierre Bédier 2013, Jean-François Copé, David Douillet.

Le parlementaire tweete en fonction de l'actualité. Il intervient sur des sujets locaux. « A quoi sert une zone de sécurité prioritaire aux Mureaux et ailleurs si les peines prononcées ne sont pas appliquées. » Mais son compte ne s'est pas emballé avec la campagne.

DANIEL LEVEL, maire sortant UMP de Fourqueux @dan2vel 172 tweets 199 followers 161 abonnements, dont Christine Boutin, François Fillon, Jean-Pierre Raffarin mais aussi PPDA, Thomas Dutronc, Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse.

Il a annoncé sa candidature en un tweet le 17 janvier. « Annonce de ma volonté de rester Maire au travail ! » Le candidat se distingue dans ses gazouillis par son ton humoristique. « Voyant poindre la future organisation du territoire, envie de renvoyer le gouvernement dans ses terres et François aux Lands », « Amap, distribution de légumes bio. Carottes et céleri... entre nous pas de salades, un peu de mesclun ».

FRANÇOIS DE MAZIÈRES, maire sortant DVD de Versailles @demazières2014 72 tweets 161 followers 42 abonnements, dont le Pape François, Jean-Christophe Fromantin, Hervé Mariton.

Rien que le nom de son compte pour Versailles@demazières2014 en dit long. Il n'est vraisemblablement pas utilisé par le maire en personne. L'usage du « nous » en témoigne mais suggère aussi un collectif. Les tweets sont en tout cas concentrés sur le prochain scrutin. Le compte personnel de François de Mazières est inactif.

PIERRE FOND, maire sortant UMP de Sartrouville @PFond78 44 tweets 159 followers 80 abonnements, dont artisan Sartrouville, Sartrouville, JMJ Sartrouville

Le compte de Pierre fond a été ouvert pour la campagne. Preuve en est son premier message : « Inauguration de ma permanence de campagne », puis « annonce de ma candidature à l'élection municipale ». MICHEL VIALAY, maire sortant UMP de Mantes-la-Jolie @MichelVialay 31 tweets 77 followers 27 abonnements, dont Pierre Bédier, Christine Boutin, Jean-François Copé, Jean-Marie Tétart.

Ses tweets sont plutôt critiques envers la politique du gouvernement. Par contre, il ne manque jamais de valoriser sa ville.

Source : Le Parisien - Edition Yvelines - 1er mars 2014


 
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