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Pas de livraison de colis en zone urbaine sensible

  Mercredi, 15 Août 2012 08:22
Revue de presse / Carrières-sous-Poissy

Dans un quartier de Carrière-sous-Poissy, la Poste ne délivre plus colis et lettres recommandées depuis plus d'un mois.

Dans les Yvelines, l'expression "passer comme une lettre à la poste" a perdu de son sens. À tel point que les habitants du quartier Saint-Louis, à Carrière-sous-Poissy, ne reçoivent plus leurs colis depuis bientôt deux mois. Pour se justifier, la Poste avance des problèmes de sécurité. Le 29 juin, un habitant se plaint auprès de la plate-forme de distribution du courrier que "ses colis sont avisés d'office". La réponse ne tarde pas et lui arrive la semaine suivante : "Il s'avère qu'aucun objet n'est distribué à votre adresse, comme à aucune autre adresse faisant partie d'une zone urbaine sensible (Zus)".

Le maire de la ville, Eddie Aït, "dénonce et condamne fermement de telles pratiques" dans un courrier qu'il adresse aux instances dirigeantes de la Poste. Il écrit : "La décision unilatérale de la Poste d'aviser d'office les colis et courriers recommandés à un certain nombre d'habitants m'interpelle autant qu'elle m'indigne. Il s'agit d'une évidente rupture de l'égalité des citoyens devant les services publics." Une lettre évasive de la Direction opérationnelle territoriale des Yvelines est alors expédiée au maire de Carrière-sous-Poissy : "La Poste peut parfois être amenée à aménager les conditions de distribution pour certains immeubles."

"La Zus n'a pas besoin de ça"

Contacté par Le Point.fr, Eddie Aït s'insurge : "Ce que la Poste a fait, c'est irresponsable, et pas très républicain pour un service public." Le maire déplore une pratique qui "stigmatise un quartier", alors que la commune fait tout depuis plusieurs années pour donner une bonne image de la zone urbaine sensible (Zus). "Géographiquement, la moitié de la ville est concernée", déplore-t-il. L'arrêt de la livraison des colis et des lettres recommandées "pose donc des problèmes d'organisation familiale et professionnelle à près de 6 000 personnes".

Pour justifier l'arrêt des livraisons, la Poste relate dans la presse locale des cas "d'incivilités", de "vols de scooter" ou de "sacoches de postier". Eddie Aït n'y croit pas. "Aucune main courante n'a été déposée auprès de la Police nationale", martèle-t-il. L'argument sécuritaire ? L'élu le rejette de la même façon : "La délinquance a réduit de 24 % sur l'ensemble de la ville. La décision de la Poste va à l'encontre de la dynamique actuelle. D'autant plus que des zones pavillonnaires parfaitement calmes, qui se trouvent dans la Zus, ne sont pas desservies non plus."

Eddie Aït estime que Carrière-sous-Poissy pourrait n'être que le sommet de l'iceberg. "L'arrêt des livraisons de colis a peut-être lieu depuis longtemps et dans d'autres zones urbaines sensibles du département", soupçonne-t-il. Pour tenter de trouver une solution, une réunion de médiation aura lieu jeudi en présence du sous-préfet.

Source : Le Point - 15 août 2012



 
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