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Pose de la 1ère pierre du lieu pour la pratique du culte musulman à Carrières-sous-Poissy

  Lundi, 28 Octobre 2013 18:08
Actualité / Carrières-sous-Poissy

À l'invitation de l'association UMC de Carrières-sous-Poissy, Eddie Aït a participé à la pose de la 1ère pierre du lieu pour la pratique du culte musulman à Carrières-sous-Poissy, le samedi 26 octobre 2013.

Voici le texte de son intervention.

Monsieur le Président de l'association UMC,

Monsieur le Président de la Communauté d'Agglomération des Deux Rives de Seine,

Monsieur le Maire honoraire,

Monsieur l'Adjoint au Maire en charge de l'urbanisme,

Monsieur le Conseiller municipal délégué à la laïcité, à la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations,

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Municipal,

Messieurs les Curés, Père Alain, Père Honoré,

Monsieur le Vice-président du Conseil presbytéral de l'Église protestante unie de France de Poissy et des environs,

Messieurs les représentants des cultes,

Mesdames, Messieurs,

Nous sommes réunis aujourd'hui pour procéder à la pose de la 1ère pierre de ce qui sera le prochain lieu pour la pratique du culte musulman à Carrières-sous-Poissy.

Si cet événement revêt un caractère symbolique fort pour tous les croyants, il est aussi la traduction d'un engagement unanime des élus du Conseil Municipal de Carrières.

Depuis de nombreuses années, nous avons fait part de notre volonté d'offrir aux pratiquants du culte musulman résidants sur notre territoire, un lieu digne d'une bonne pratique religieuse.

Permettez-moi alors de revenir sur les principales étapes du long processus qui nous ont conduits jusqu'à cette pose de la première pierre, ce matin.

La Ville a, dès 2008, organisé plusieurs rencontres avec les représentants de l'UMC afin de trouver un terrain pouvant accueillir cet édifice.

Sur la base de ces échanges et au regard des terrains disponibles, le 30 octobre 2009, la Commission municipale « Laïcité et lutte contre les discriminations » a identifié et proposé la réalisation du lieu de culte sur la parcelle où nous nous trouvons actuellement.

Par la suite, la reconnaissance du caractère cultuel de l'UMC par la Préfecture, le 21 juin 2010, est venue nous renforcer dans notre démarche visant à conclure un bail emphytéotique entre la Ville et l'association.

Ainsi, le 20 juin 2011, après le vote unanime du Conseil municipal trois jours auparavant, est intervenue la signature d'un bail emphytéotique.

En vertu de cette convention, la Ville a donné à bail à l'association, pour une durée de 99 ans, ce terrain en vue de l'édification d'un bâtiment destiné à l'exercice du culte musulman.

D'ailleurs, il s'agit du deuxième bail de ce type signé entre la Ville et des représentants d'une communauté religieuse. L'actuelle Église Saint-Louis a été édifiée sur un terrain appartenant à la commune, dans le cadre d'un bail emphytéotique signé dans les années quatre-vingt dix.

***

Après la signature officielle du bail avec l'association UMC, et afin d'élaborer le projet architectural du lieu pour la pratique du culte musulman, plusieurs réunions ont été organisées entre les services municipaux, les élus, des représentants de l'association et l'architecte, Monsieur Jean-Claude Neouchy.

Cette collaboration active a logiquement conduit au dépôt du permis de construire le 5 décembre 2012. Après la période d'instruction du dossier, et passé le délai de recours, au cours duquel personne n'a émis la moindre réserve sur le projet, le Permis de Construire est devenu définitif le 23 septembre dernier.

***

Après tant d'étapes passées avec succès, je tiens ici à remercier tous ceux qui ont rendu ce projet possible. Je tiens ici à adresser mes plus chaleureuses félicitations à celles et ceux qui font du dialogue interreligieux une source permanente de questionnement sur le respect de la liberté religieuse et de la laïcité.

Lorsque l'essentiel est atteint, à savoir la dignité humaine dans l'expression de ses convictions religieuses personnelles, je sais compter sur l'ensemble de ceux qui font la richesse de la vie spirituelle de notre commune. Je sais compter sur des femmes et des hommes qui vivent leur religion uniquement comme un accomplissement personnel et non comme un défi stupide à l'autre et à la liberté qu'il incarne.

Je tiens aussi à remercier plus particulièrement Messieurs Philippe Barron, Adjoint au Maire en charge de l'Urbanisme, et Driss Nala, Conseiller municipal délégué à la laïcité, à la citoyenneté et à la lutte contre les discriminations, qui se sont particulièrement investis dans la conduite de ce projet.

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Vous le savez je suis très attaché à la laïcité. Pour autant, je n'en conçois pas moins la cohésion sociale comme un savant dosage de l'exercice des religions.

Si un culte est empêché, épié, soupçonné, il se détourne de sa vocation. La laïcité met à l'écart le fait religieux, mais le fait religieux s'inscrit dans le champ de notre République. C'est un paradoxe que nous, élus, nous devons trancher en permanence.

Le nier serait faire preuve de malhonnêteté intellectuelle.

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Lorsque la dignité religieuse est attaquée, lorsque des citoyens, du fait de leur appartenance religieuse, sont victimes d'amalgames ou d'actes purement racistes, la République ne peut pas se contenter de regarder ailleurs.

Cette mobilisation pour la défense d'une République apaisée est la raison de l'engagement en politique d'un grand nombre d'élus. À Carrières en particulier, nous nous appliquons en permanence à promouvoir cette République apaisée, où chaque religion trouve sa place. La présence du Père Alain et du Père Honoré, en est la preuve.

Oui, la religion est affaire privée.

Oui, le respect de toutes les religions impose de la part des élus une relative discrétion sur leurs propres convictions. Oui, il faut repousser très loin le mélange des genres. Oui, l'appartenance à une religion ne doit pas dépasser le simple cadre d'une croyance spirituelle et ne doit pas être instrumentalisée à des fins que notre démocratie républicaine condamne à juste titre.

Mais, tout en affirmant ces convictions fortes, je dis que non, le Maire que je suis n'a pas le droit de se désintéresser du monde des religions.

C'est d'ailleurs en tant que Maire que je participe, ce week-end, à la célébration du 350e anniversaire de l'église Saint-Joseph et à l'inauguration d'une exposition de photos retraçant l'évolution du bâtiment au fil du temps.

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Nous vivons dans une commune riche de ses communautés. Nous vivons dans une ville où l'expression culturelle, religieuse et sociétale n'a pas la couleur fade de l'uniformité. Sachons faire de cet universalisme une occasion d'enrichissement.

Abattons les barrières invisibles de la méconnaissance ou de l'ignorance.

Cet édifice religieux rejoint aujourd'hui tous les autres et apporte sa noble pierre à la construction d'un autre édifice, d'ordre plus spirituel, un édifice de tolérance et de compréhension des hommes.

Je vous remercie.


 
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